Accueil Découverte Carte d’identité de Saint-Maur

Histoire

4 500 ans séparent l’installation des premiers bâtisseurs de mégalithes dans cette presqu’île de la Marne des Saint-Mauriens d’aujourd’hui. Une occupation durable, de l’âge du fer à celui d’Internet.

Saint-Maur-des-Fossés recouvre un territoire dont les limites naturelles n’ont jamais changé, grâce à la résistance d’un éperon rocheux que les eaux de la Marne eurent à contourner. C’est ainsi que la rivière dessine une ultime boucle avant d’aller se perdre dans la Seine et circonscrit un espace de plus de mille hectares : la presqu’île de Saint-Maur.


 4 500 ans se sont écoulés depuis l’installation des premiers "Saint-Mauriens" (les bâtisseurs de mégalithes) dans les futurs villages médiévaux du Vieux-Saint-Maur et de Saint-Hilaire. 
À l’âge du fer, des Gaulois élurent domicile sur le site d’Adamville où se situe la plus grande nécropole gauloise connue en région parisienne. Un important mobilier funéraire fut retrouvé lors des fouilles en 1887. Il fait aujourd’hui partie des collections du musée des Antiquités nationales à Saint-Germain-en-Laye. Certains objets ont été déposés au musée Carnavalet à Paris.

L’abbaye de Saint-Pierre-du-Fossé (639-1137)

L’abbaye de Saint-Maur-des-Fossés, aujourd’hui disparue, fut au Moyen Âge l’une des plus célèbres du royaume de France. Sa fondation remonte à 639, sous la régence de la reine Nanthilde. Toute une communauté de moines s’y installa et la première église fut dédiée à la Vierge et aux apôtres Pierre et Paul. L’abbaye, désignée alors sous le nom de Saint-Pierre-du-Fossé, le terme "Fossé" faisant référence au relief du lieu, particulièrement pentu jusqu’à la Marne, bénéficia des biens et privilèges de l’évêque et du roi. Mais deux cents ans suffirent à endommager les bâtiments. L’église fut reconstruite plus au sud. Autour de l’an mil, une église plus vaste fut édifiée. Le culte des reliques de Saint-Maur-des-Fossés naquit lorsqu’en 1137, année de grande sécheresse, le clergé eut l’idée de porter le corps de Saint-Maur en procession. La pluie tomba, le culte était né. Il faudra cependant attendre 1281 pour que l’abbaye soit connue sous le seul nom de "Saint-Maur-des-Fossés".

Vers la fin de la guerre de Cent ans (dans les années 1450), les reliques du saint avaient acquis la réputation de guérir l’épilepsie et la goutte, ce qui donnait lieu à des pèlerinages. L’abbaye deviendra un lieu de pèlerinage comparable à Lourdes de nos jours. Au Moyen Âge, le territoire de l’abbaye se répartissait entre le hameau de Saint-Hilaire, situé dans la plaine de La Varenne, et le bourg du Vieux-Saint-Maur, qui concentrait ses aménagements dans un rayon peu étendu où les rues étaient rares.

Hors du bourg se trouvaient l’abreuvoir, le lavoir, le moulin et le port. Un marché s’y développa au XIIIe siècle : on y vendait pain, fruits, légumes, vin et bestiaux.

Dispersées dans la plaine, les fermes de Champignol, du Mesnil et des Piliers comptaient quelques habitants, de même que les quelques maisons situées près des bacs de Chennevières et de Créteil.

Aujourd’hui, l’abbaye n’existe plus et a laissé la place à un square dans lequel quelques ruines subsistent, telles la tour Rabelais, la villa Bourrières ou encore d’anciennes fortifications.



Le château de Saint-Maur (1541)

Philibert de l’Orme, grand architecte de la Renaissance, traça le plan initial du château. Le monument devait comporter quatre corps de bâtiments édifiés autour d’une cour carrée, selon la volonté du cardinal Jean du Bellay. Bâti en 1541, le château de Saint-Maur fut entièrement transformé par Catherine de Médicis qui l’acquit en 1563. À sa mort, en 1589, le château restait toujours inachevé. Vendu aux Condé, il fut achevé à la fin du XVIIe siècle par l’intendant Hérauld de Gourville.

À la Révolution, la famille des Condé était toujours propriétaire du domaine, quand ses biens furent confisqués au profit de la nation.

À l’automne 1796, tout fut dévasté. Du château, situé vers les n°11 à 15 de l’avenue de Condé, il ne reste rien. Les terrains passèrent aux mains des spéculateurs.



Quelques dates

À la veille de la Révolution, la ville de Saint-Maur-des-Fossés comptait 1 100 habitants. Ses terres produisaient des céréales, on y exploitait des carrières et les industries prospéraient. Le bourg de Saint-Maur comprenait le hameau de la Branche du Pont. En 1790, tous deux ne devaient former qu’une seule commune quand le vicomte Boniface en décida autrement : deux municipalités étaient nées, Saint-Maur et Joinville. Le hameau de Saint-Hilaire ne comprenait que 80 habitants en 1791 ; il décida alors de renoncer à son autonomie. Un traité signé le 13 novembre de cette année-là stipula le rattachement du hameau de Saint-Hilaire à la commune de Saint-Maur-des-Fossés.

En 1794, la laïcisation poussa les municipalités dont le nom rappelait l’Église, la monarchie ou la féodalité à en changer. C’est ainsi que Saint-Maur devint, en un clin d’œil, Vivant-sur-Marne, le plus expressif des antonymes, mais dont l’usage fut très limité.

En 1910, la plus terrible inondation qu’ait eu à subir notre boucle toucha 7 500 Saint-Mauriens. On procéda à l’évacuation des maisons ; les habitants assurèrent leur transport et leur ravitaillement en barque pendant deux mois. Il y eut près de deux mètres d’eau dans les rues ! Une autre, de plus faible ampleur, eut lieu en 1924.



Les grands lotisseurs

Le 24 décembre 1831, eut lieu une vente à la criée des terres du duc d’Aumale (héritier des Condé) : les terres de La Pie (120 hectares) et le grand parc furent acquis par J.-C. Moynat (futur maire de la ville) ; François Adam acheta un vaste domaine de 240 hectares qui allait devenir le quartier d’Adamville ; les lotissements furent acquis par de nombreux Parisiens qui firent construire des habitations pour y passer leurs dimanches.

Henri-Pierre Caffin acquit 470 hectares à La Varenne.

À eux trois, ils possédaient près de la moitié de la ville ! Quelque temps après, le fils Moynat céda le grand parc à la Compagnie des chemins de fer de l’Est qui utilisa 22 hectares pour construire la ligne du "petit train de la Bastille" et convertit le reste en fructueux placements de lotissements. Cette ligne offrait la possibilité aux Parisiens de se divertir dans les guinguettes des bords de Marne. Enfin, Caffin revendit son lot de Champignol à Didier, lequel donna des terres au chemin de fer afin que la ligne passe par La Varenne où il lui sera plus facile de vendre ses lots.



L’hôtel de ville

La construction de l’hôtel de ville actuel débuta en 1876. Ce bâtiment de style Louis XIII couvrait 450 m² au sol. Une large voie plantée d’arbres le reliait directement à la station de chemin de fer : c’est l’actuelle avenue Charles-de-Gaulle. En 1911, Saint-Maur comptait déjà 33 852 habitants, l’agrandissement de la mairie s’imposait donc. Mais ce n’est qu’en 1936 que le projet de Lucien Graf d’englober l’ancienne mairie dans un bâtiment de 2 150m² fut accepté. Seuls subsistent du premier bâtiment le hall et la salle des mariages, où l’on peut admirer les fresques du peintre Baudoin. Les ouvertures sont à présent encadrées par des colonnes doubles. L’escalier d’honneur laisse place à un escalier monumental aboutissant à la salle des fêtes. L’aile gauche est occupée par la salle du conseil, l’aile droite par la salle des conférences. En 1948, l’hôtel de ville prenait son aspect définitif. Par la suite, de nouveaux bureaux furent construits et, en 1988, on occupa le volume des combles de la salle des fêtes. Aujourd’hui encore, l’hôtel de ville est en constante évolution : ainsi deux salons d’honneur ont été aménagés au premier étage dans l’espace récupéré sur les cours intérieures.



Les monuments

Le site de l’ancienne abbaye et l’église Saint-Nicolas, dédiée au patron des mariniers, sont classés monuments historiques.

La Villa Médicis, rue Saint-Hilaire à La Varenne, dont l’origine remonte à la fin du XVe siècle, a vu se succéder de nombreuses familles aristocratiques et bourgeoises. On accède à l’étage par un escalier orné d’une rampe en fer forgé de la première moitié du XVIIe siècle. Au XVIIIe, un salon ovale est aménagé au nord de la maison et ses portes sont ornées de serrures Louis XV. À partir de 1850, la villa est entièrement transformée.

Le 23 décembre 1976, son inscription à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques la sauve de la démolition. Dès 1977, l’équipe municipale nouvellement élue entreprend les démarches nécessaires à son acquisition puis à sa réhabilitation.

Depuis 1982, la Villa Médicis accueille le musée de Saint-Maur. Les accès au Carré Médicis (espace qui entoure la Villa) ont été multipliés et un pavillon voisin accueille une artothèque (service de prêt d’œuvres d’art contemporain).

La place des Marronniers est la deuxième plus grande place de la région Île-de-France après la place de la Concorde. On y trouve en son centre l’église Notre-Dame du Rosaire.

Les armoiries de la cité

L’anguille, posée sur la bande, symbolise la Marne. En chef, trois fleurs de lis, accompagnées d’un bâton péri en bande, rappellent les princes de Condé, seigneurs de ce bailliage. En pointe, les armes des bénédictins de Saint-Maur évoquent l’abbaye. Leur brève devise énonce l’idéal de la ville, "Pax" (la paix) ; elle apparaît au milieu de la couronne d’épines entre les trois clous et une fleur de lis.