La Grande Guerre au fil des rues

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La thématique du mois : la Grande Guerre au fil des rues.

Le saviez-vous ? Si la première guerre mondiale n'a pas frappé le territoire de Saint-Maur, elle a, en revanche, touché les habitants. Dès 1919, le conseil municipal décidait de changer les noms d'une vingtaine de nos rues pour leur donner des noms de batailles, de soldats ou de villes martyrs. 

Le 1er août 1914 sonne le tocsin. Il annonce la guerre et donc la mobilisation générale. Dès le lendemain, les appelés doivent se rendre à la gare de l'Est. Certains ne reviendront jamais, tel le Capitaine-Charton, instituteur à l'école de La Varenne, Mort pour la France sur le front d'Orient. Ce sont ses collègues qui ont demandé à ce qu'il soit honoré.
Le lieutenant Edgar Soufflay, né à Saint-Maur, était lui aussi instituteur. Il a été tué dès 1914.

Aujourd'hui, la rue Edith Cavell, infirmière et résistante.

Les alliés de la France sont aussi honorés. La promenade des Anglais est ainsi nommée dès 1915. George Washington (1732-1799), héros de la guerre d'Indépendance et premier président des Etats-Unis, a une avenue à son nom en 1919, ce qui souligne l'engagement décisif des Américains dans le conflit. Albert 1er, roi des Belges (1875-1934), surnommé le Roi-chevalier, refuse à l'Allemagne le libre passage de ses troupes et prend le commandement de l'armée. La Belgique est envahie, connaît des luttes acharnées, mais résiste. Édith Cavell (1865-1915) est condamnée à mort par les Allemands pour haute trahison. Cette infirmière anglaise a fait passer en Hollande plusieurs centaines de soldats belges et français. Face au peloton d'exécution, cette résistante refuse le bandeau sur les yeux mais s'évanouit. L'officier allemand, qui ne veut pas que ses hommes fusillent une femme à terre, la tue d'un coup de revolver. Cette exécution soulève l'indignation dans de nombreux pays et les Anglais s'engagent en masse "pour venger Miss Cavell".

Quand les trains acheminant les soldats vers la zone de combat passaient par Saint-Maur

Depuis 1859, le "Petit Train de la Bastille" relie Paris à La Varenne. Cette ligne a été concédée à la Compagnie des chemins de fer de l’Est pour des raisons stratégiques. Raccordée aux grands axes menant aux frontières du Nord-Est, elle joue un rôle primordial pendant la guerre. La famille de Raymond Radiguet se rend le soir, après dîner, à la gare de Champigny, "point stratégique du patriotisme", pour voir passer les trains militaires et jeter des campanules aux soldats. "Sur le quai jonché de fleurs, comme lors d'une fête, des litres de vin rouge répandus par les femmes qui remplissent des bidons. Mais déjà au bout de quelques jours, les trains militaires circulent en sens inverse, transportant les premiers blessés."*
* "Raymond Radiguet, la jeunesse contredite" de Christine Movilliat, Éd. Bibliophane-Daniel Radford, Paris, 2000 (p. 99)

Tahure, haut-lieu de la bataille de la Marne

Charles Péguy, écrivain et poète né en 1873, est tué le 5 septembre 1914, dès le début de la bataille de la Marne. Le colonel Émile Driant (1855-1916), saint-cyrien, s'illustre à la bataille de Verdun où il périt. Georges Guynemer (1894-1917), héros de l'aviation militaire de chasse surnommé l'As des As, meurt au combat près d'Ypres, en Belgique alors qu'il commandait "L'escadrille des Cigognes". L'École de l'Air a fait sienne sa devise : "Faire face". Le général Gustave Ferrié (1868-1932) est aussi un savant. Spécialiste du télégraphe sans fil, il a l'idée, en 1903, d'utiliser la tour Eiffel pour émettre des ondes à longue portée. En 1906, le réseau est opérationnel entre Paris et les grandes places de l'Est de la France. Cette invention rend d'éminents services pour les transmissions à usage militaire.

Les soldats blessés sont soignés dans l'hôtel particulier du Petit Bourbon, au Vieux Saint-Maur.

Clemenceau (1841-1929), médecin, journaliste et homme politique, joue un rôle éminent pendant la guerre. Redevenu président du Conseil en 1917, il négocie le traité de Versailles. Surnommé Le Tigre, il se fait enterrer debout. Foch (1851-1929), maréchal de France, de Grande-Bretagne et de Pologne, se distingue sur les champs de bataille puis devient commandant en chef des troupes alliées qu'il conduit à la victoire de 1918. Il signe l'Armistice. Gallieni (1849-1916), maréchal de France, gouverneur militaire de Paris en 1914, met en place l'action des Taxis de la Marne avant d'être nommé ministre de la Guerre. Joffre (1852-1931), commandant en chef des armées du Nord et du Nord-Est en 1914, remporte la bataille de la Marne. En 1915, il devient commandant en chef des armées françaises. En 1916, il est nommé maréchal de France. Lyautey (1854-1934), maréchal de France, est ministre de la Guerre en 1916 et 1917. Il réside au château d'Ormesson. Poincaré (1860-1934), avocat et membre de l'Académie française, est président de la République de 1913 à 1920. Il crée des liens diplomatiques forts avec l'Angleterre et la Russie, ce qui s'avère essentiel à la déclaration de guerre.

Les tranchées de Verdun

La ville belge de Liège oppose, en août 1914, une résistance héroïque aux Allemands, retardant l'invasion du territoire français et facilitant la mobilisation des troupes. Verdun connaît, de février à décembre 1916, la bataille la plus sanglante de la première guerre mondiale. On estime à plus de 700 000 le nombre des victimes : environ 306 000 tués ou disparus et plus de 400 000 blessés. En tout, plus de 50 millions d'obus ont été tirés sur quelques dizaines de kilomètres carrés regroupant neuf villages de la Meuse, tous anéantis : Beaumont, Bezonvaux, Cumières, Douaumont, Fleury-devant-Douaumont, Haumont, Louvemont, Ornes et Vaux. Les Français opposent une résistance victorieuse aux assauts des Allemands, mais les pertes sont très lourdes de part et d'autre. 
L'avenue du Onze-Novembre et le passage de l'Armistice rappellent le 11 novembre 1918 et la fin de la première guerre mondiale. Saint-Maur compte ses morts : ils sont au nombre de 1 417. Leurs noms sont gravés dans la pierre au cimetière militaire Rabelais.

Le village de Saint-Masmes en ruines

Le 28 janvier 1922, le conseil municipal de Saint-Maur, estimant que la ville a eu la chance de ne pas avoir été touchée par la guerre, décide d'adopter un "village des régions libérées". Le 22 décembre 1923, c'est le village de Saint-Masmes, situé à 30 km au Nord-Est de Reims, qui est choisi. Il est pratiquement en ruine : seules six maisons sont encore debout, l'église est délabrée, la filature, où travaillaient une centaine d'ouvriers, détruite.
Une souscription rapporte un peu plus de 10 000 francs ; la commune ajoute 15 000 francs. La mairie-école est reconstruite. Il était temps : un baraquement en minces planches de bois renforcées par des cartons l'abritait depuis plusieurs années et le froid y était très vif. L'aide de notre ville a été précieuse et appréciée. Des liens chaleureux sont tissés ; ils persistent aujourd'hui encore.
La place Saint-Masmes, inaugurée le 31 août 1924 dans le quartier de Champignol, est devenue rue Saint-Masmes lorsque le lycée Gourdou-Leseurre a été construit.

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