Logement social : E. Wargon veut une métropolisation à marche forcée et veut régler des comptes personnels à Saint-Maur

07 déc.

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28 déc. 2020

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Logement social : E. Wargon veut une métropolisation à marche forcée et veut régler des comptes personnels à Saint-Maur.

Logement social : E. Wargon veut une métropolisation à marche forcée et veut régler des comptes personnels à Saint-Maur

Lors de la matinale de RTL, la ministre du logement, Emmanuelle Wargon, a annoncé que la Ville de Saint-Maur (Val-de-Marne) serait prochainement privée de permis de construire, en jetant en pâture le nom de la commune dont le maire ferait « le choix que le logement social c’est bien mais pas chez eux » !

Sylvain Berrios, Maire de Saint-Maur l’a appris avec consternation, en écoutant la radio comme l’ensemble des auditeurs. Une sanction affichée à l’encontre de la Ville qui laisse interrogateur.

« À entendre la ministre, il y a d’un côté les gentils maires qui font du logement social, et de l’autre les méchants qui n’en font pas. C’est faux. La preuve : des maires écologistes nouvellement élus refusent de bétoniser, considérant que la métropolisation à marche forcée voulue par le gouvernement n’est ni le sens de l’histoire, ni la leçon à retenir des confinements successifs. Les Français ne veulent ni empilement ni entassement mais de l’espace et de la verdure », estime Sylvain Berrios.

En outre, la Ministre devrait connaître les réalités locales. A Saint-Maur, le Maire a signé il y a un an un contrat de mixité sociale avec le préfet, qui entérine une augmentation de la population à 83000 habitants (contre 75000 habitants aujourd’hui), prévue dans le plan local d’urbanisme, progression lente que la commune est en mesure de porter notamment au regard de la capacité d’absorption des équipements scolaires.

« On ne construit pas une école en 6 mois ! Sauf à vouloir que les familles soient logées mais que leurs enfants n’aillent pas à l’école, ou qu’on fixe à 40 le nombre d’élèves par classe alors que le ministre de l’Education nationale encourage la réduction des effectifs à 24, objectif sur lequel je me suis engagé avec mon équipe municipale ».

Ce contrat de mixité sociale signé par la Ville prévoit une augmentation de logements sociaux progressive à 12% avec un objectif intermédiaire à 8,5%. « Les engagements ont été pris. J’ai déjà multiplié par deux le nombre de logements sociaux construits. La Ministre pense-t-elle qu’on pouvait aller plus vite en 12 mois dont 6 de crise sanitaire ? »

En réalité, il s’agit d’une manœuvre politique ! Emmanuelle Wargon connaît très bien la situation locale puisqu’elle est candidate aux élections régionales en Val-de-Marne et qu’un membre de sa famille siège au conseil municipal de Saint-Maur. La ministre du logement règlerait-elle des comptes personnels parce que Déborah Wargon (LREM) a fait un score très faible à Saint-Maur aux élections municipales ?

Elle a annoncé que le préfet aurait désormais la main sur les autorisations d’urbanisme. Pour Sylvain Berrios, cela ne changera rien : « Je suis confiant : pas un logement social ne sortira de terre à Saint-Maur sans le concours de la Ville parce qu’en pratique, ce n’est pas possible. Nous commençons à reconnaître la marque de fabrique du gouvernement : le discours de la force pour faire croire que l’on agit. Moi j’ai signé un contrat de mixité sociale avec l’Etat et j’agis. De son côté, l’Etat doit respecter sa parole ».